SMIC 1 867,02 € Plafond SS 4 005 €/mois Nos simulateurs →

Qui est exonéré des droits de succession : conjoint et pacsé à 0 €, les autres après abattement

Conjoint et pacsé : 0 €. Frère ou sœur : trois conditions, sinon 35 387 € sur 100 000 €. Enfant : abattement de 100 000 €. Cas et exemples chiffrés.

Par La rédaction de Finances France · Publié le 12 octobre 2026 · 4 min de lecture
Qui est exonéré des droits de succession : conjoint et pacsé à 0 €, les autres après abattement

En bref

Deux situations : exonéré, sans aucun droit quel que soit le montant, ou taxé après abattement. Le conjoint marié et le pacsé sont exonérés, le frère ou la sœur à trois conditions. Un enfant ne l’est jamais, mais son abattement est de 100 000 € ; en dessous de 50 000 € d’actif, aucune déclaration n’est due.

Exonéré à 0 € ou taxé après abattement : tout dépend du lien avec le défunt. Voici les héritiers exonérés, deux calculs chiffrés, la dispense de déclaration, puis les autres cas.

Les héritiers exonérés par leur statut

Le statut de l’héritier, pas le montant de la succession, décide. Le tableau classe les situations les plus courantes.

HéritierDroits de successionDéclaration de succession
Époux ou épouseExonéré, quel que soit le montantÀ déposer, sauf actif brut sous 50 000 €
Partenaire de pacsExonéré, mais un testament est nécessaire pour hériterÀ déposer, sauf actif brut sous 50 000 €
Frère ou sœurExonéré si trois conditions sont réunies, sinon taxéÀ déposer
Enfant, père, mèreNon exonéré : abattement de 100 000 € puis barèmeDispense sous 50 000 € d’actif brut, avec dons déclarés
Neveu, nièceNon exonéré : abattement de 7 967 € puis 55 %Dispense sous 3 000 € d’actif brut
Important

Le pacsé est exonéré, mais sans testament, il n’hérite de rien : les biens vont aux enfants ou aux parents. L’exonération ne vaut que pour ce qui lui est effectivement transmis.

Frère ou sœur : trois conditions, un écart de 35 387 €

L’exonération suppose trois conditions réunies au moment du décès : avoir été constamment domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédentes, être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, et avoir plus de 50 ans ou une infirmité qui empêche de travailler.

Une seule condition manquante change tout. Exemple construit : un frère de 60 ans reçoit 100 000 €, mais il n’a pas vécu cinq ans avec le défunt. Après l’abattement de 15 932 €, la base taxable est de 84 068 €. Le taux est de 35 % jusqu’à 24 430 €, soit 8 550,50 €, puis de 45 % sur les 59 638 € restants, soit 26 837,10 €. Les droits atteignent 35 387,60 €, contre 0 € avec les trois conditions.

Étiez-vous domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès ? La réponse déplace la facture de 0 à plus de 35 000 € sur cet exemple.

Enfant et parent : jamais exonérés, mais 100 000 € d’abattement

L’enfant, le père et la mère ne sont pas exonérés. Ils bénéficient d’un abattement personnel de 100 000 €, déduit de la part reçue, puis d’un barème par tranches : 5 % jusqu’à 8 072 €, 10 % jusqu’à 12 109 €, 15 % jusqu’à 15 932 €, 20 % jusqu’à 552 324 €, puis 30 %, 40 % et 45 %.

Exemple construit : un enfant reçoit 250 000 €. La base taxable est de 150 000 €. Les tranches donnent 403,60 € à 5 %, 403,70 € à 10 %, 573,45 € à 15 %, puis 26 813,60 € à 20 % sur les 134 068 € restants, soit 28 194,35 € en tout.

La vidéo ajoute un point : l’abattement est personnel, et une donation de moins de 15 ans le réduit. Avec 40 000 € donnés à l’enfant, l’abattement de la succession tombe à 60 000 €. Pour les donations faites de son vivant, voir la donation de son vivant après 70 ans.

Dispense de déclaration : à ne pas confondre avec l’exonération

Être dispensé de déclarer ne revient pas à être exonéré. Un enfant, un parent, un époux ou un pacsé est dispensé si l’actif brut est inférieur à 50 000 € et si le défunt n’a fait que des dons ou donations déclarés. Les autres bénéficiaires sont dispensés sous 3 000 €. Sans déclaration à déposer, il n’y a aucun droit à payer.

Le conjoint, lui, est exonéré mais doit déclarer dès que l’actif brut dépasse 50 000 €. La qualité d’héritier se prouve par une attestation signée de tous les héritiers sous 5 965 € d’actif brut, par un acte de notoriété au-delà.

Acte signé posé sur le bureau d'un notaire, avec un stylo plume et un tampon

Les autres exonérations

Le statut du défunt ou la nature des biens ouvrent d’autres exonérations :

  • l’exonération totale pour les héritiers d’une victime de guerre ou de terrorisme, d’un sapeur-pompier, d’un policier, d’un gendarme ou d’un agent des douanes cités à l’ordre de la Nation ;
  • les legs aux associations reconnues d’utilité publique, à l’État et aux organismes publics ;
  • l’exonération partielle pour l’assurance vie, l’entreprise individuelle, les parts de sociétés, les biens forestiers ou agricoles.
Bon à savoir

L’assurance vie échappe en partie au barème de la succession : l’assurance vie et la succession en détaille les règles. Un héritier qui renonce à la succession n’est pas concerné par ces exonérations : le coût d’un refus de succession décrit ce cas.

Avant de déposer

Un cas particulier, comme un héritier handicapé, un bien en Corse ou un défunt domicilié à l’étranger, se soumet au notaire avant tout dépôt. Le notaire reste de toute façon l’interlocuteur dès que la succession comprend un bien immobilier.

Sources

  • Service-public, « Dans quels cas un héritier est-il exonéré des droits de succession ? », vérifié le 13 mai 2026
  • Ministère de l’Économie, « Droits de succession : que devez-vous payer sur votre part ? », 24 février 2025

Signaler une erreur dans cet article

La rédaction de Finances France explique les choix d'argent et d'entreprise en mettant deux options côte à côte, chiffres datés à l'appui. Elle lit les textes officiels (service-public.fr, Bofip, AMF, Banque de France, URSSAF), vérifie chaque taux et chaque seuil à sa source et cite ses sources en fin d'article. Elle ne promet aucun rendement et renvoie à un conseiller dès qu'une situation devient personnelle.

Comment nous écrivons nos articles