En bref
Une SICAV est une société dont vous devenez actionnaire, avec un droit de vote en assemblée ; un FCP est une copropriété dont vous détenez des parts, sans vote. Ce statut n’indique ni le risque ni les frais, qui se lisent dans le document d’informations clés de trois pages.
Deux formes, un même principe : vous mettez votre épargne en commun avec celle d’autres épargnants, et une société de gestion investit en actions ou en obligations. La SICAV et le FCP se distinguent d’abord par leur statut juridique.
Actionnaire ou porteur de parts : la différence en un tableau
Le statut décide de ce que vous détenez et de ce que vous pouvez faire de ce droit :
| SICAV | FCP | |
|---|---|---|
| Forme juridique | Une société, anonyme ou par actions simplifiée | Une copropriété sans personnalité morale |
| Ce que vous recevez | Des actions | Des parts |
| Droits attachés | Vote en assemblée générale, candidature au conseil d’administration | Aucun des droits d’un actionnaire |
| Prix d’achat et de vente | Valeur liquidative, majorée ou diminuée des frais et commissions | Valeur liquidative, majorée ou diminuée des frais et commissions |
Les droits d’actionnaire, dont le vote en assemblée, sont donc ce qui sépare les deux. Dans un FCP, c’est la société de gestion qui agit au nom des porteurs et dans leur intérêt exclusif, selon l’AMF.
Ce que le Code monétaire et financier précise
Deux précisions du code corrigent des raccourcis fréquents. L’article L. 214-7 définit la SICAV comme une société anonyme ou une société par actions simplifiée : la forme anonyme n’est pas la seule. Et l’article L. 214-8 qualifie bien le FCP de copropriété d’instruments financiers, mais écarte les règles du code civil sur l’indivision.
« Copropriétaire » est donc une image, pas un régime : les règles qui gouvernent une indivision entre héritiers ne s’appliquent pas au porteur de parts.
Ce que la forme ne change pas
L’article L. 214-9 s’applique à l’OPCVM sans distinguer sa forme : l’organisme, son dépositaire et sa société de gestion agissent dans le seul intérêt de l’OPCVM et de ses porteurs de parts ou actionnaires. L’achat et la vente passent dans les deux cas par un intermédiaire, banque, courtier ou contrat d’assurance-vie, à la valeur liquidative, majorée ou diminuée des frais.
Cette valeur est calculée après l’heure limite de centralisation des ordres : vous ne la connaissez pas au moment où vous passez l’ordre. Le prix payé peut donc différer de celui affiché la veille, quelle que soit la forme du fonds.
Les frais : ceux qui peuvent se négocier, ceux qui ne le peuvent pas
Le prix d’un fonds se compose de la valeur liquidative et des frais. Les frais d’entrée sont souvent négociables, indique La finance pour tous dans une fiche de 2025. Les frais de gestion annuels, eux, sont incontournables, et ceux du contrat d’assurance-vie s’ajoutent quand le fonds y est logé.
La vidéo de l’autorité des marchés financiers va plus loin : les frais d’entrée ou de sortie peuvent être négociés, pas les frais de gestion ni de surperformance. Les frais appliqués figurent dans le DIC de chaque fonds : aucun chiffre unique ne vaut pour tous.
Le DIC de trois pages, et non le DICI
Le document à lire avant d’acheter est le document d’informations clés, ou DIC. Il tient en trois pages et réunit la stratégie d’investissement, les risques, les frais et les scénarios de performance. Sa forme standardisée permet de comparer deux fonds côte à côte.
Depuis le 1er janvier 2023, les OPCVM établissent ce DIC au format du règlement européen PRIIPs, qui remplace le DICI de l’ancien format pour les clients non professionnels. Vous pouvez encore croiser le sigle DICI dans des documents ou des pages antérieures à 2023.
Trois vérifications avant d’acheter
- Le DIC, d’abord. Stratégie, risques, frais et durée de détention recommandée y figurent. L’agrément du régulateur n’est jamais une recommandation de souscription.
- Les frais, ensuite. Ceux d’entrée peuvent se négocier, ceux de gestion non : comparez-les d’un fonds à l’autre sur le DIC.
- L’enveloppe, enfin. Le fonds se loge sur un compte-titres ou un PEA, ou sous forme d’unités de compte dans une assurance-vie.
La plupart des fonds présentent un risque de perte en capital, et leurs performances ne sont jamais garanties. Le régulateur recommande de n’investir que l’épargne dont vous pouvez vous passer plusieurs années, au moins 10 ans pour les fonds d’actions. Pour une situation personnelle, un conseiller en investissements financiers ou le conseiller de votre établissement peut vous répondre.
Sources
- Code monétaire et financier, articles L. 214-2, L. 214-7, L. 214-8 et L. 214-9, version en vigueur consultée en octobre 2026
- Autorité des marchés financiers, « Ce qu’il faut savoir sur les placements collectifs (fonds et sicav) », consulté en octobre 2026
- Autorité des marchés financiers, « Généralisation de l’établissement d’un document d’informations clés à tous les placements collectifs », 16 février 2023
- La finance pour tous, « Les frais des Sicav et des FCP », mise à jour le 23 mai 2025

