En bref
Deux options s’ouvrent pour amortir un équipement : retenir sa valeur résiduelle, ce qui réduit la base amortissable, ou l’ignorer. Le plan comptable général n’autorise la première que si la valeur est à la fois significative et mesurable (article 214-4). Fiscalement, la base reste le prix de revient, et l’écart passe en amortissement dérogatoire.
C’est le montant, net des coûts de sortie attendus, qu’une entité obtiendrait de la cession de l’actif sur le marché à la fin de son utilisation. La question n’est pas de le connaître : c’est de savoir s’il compte.
Deux options, une condition
Le plan comptable général, dans sa version consolidée du 1er janvier 2026, définit le montant amortissable d’un actif comme sa valeur brute sous déduction de sa valeur résiduelle (article 214-4). Il pose une condition : cette valeur n’est prise en compte que lorsqu’elle est à la fois significative et mesurable. Un montant qui ne se détermine pas de façon fiable à l’avance, ou qui pèse peu dans le coût du bien, reste donc hors du calcul, et l’amortissement se fait sur la valeur brute.
Quand elle est significative et mesurable
Une vidéo d’un éditeur de contenus comptables, de 2023, reprend l’article 214-4 et donne deux situations où elle est significative et mesurable : les pièces détachées et matériaux sont réutilisables et peuvent être vendus pour une somme importante, ou la durée d’utilisation est très inférieure à la durée de vie, comme une machine utilisée trois ans alors que sa durée de vie probable est de dix ans.
Ce que le fisc ne déduit pas
Lorsqu’elle est retenue, elle réduit la base comptable. Fiscalement, la base d’amortissement est le prix de revient de l’immobilisation, sans déduction de ce montant. Le BOFiP le dit sans détour : un amortissement dérogatoire est constaté au titre de la fraction du prix de revient qui n’est pas amortie comptablement. Dans ce cas, l’entreprise amortit moins en comptabilité que ce que le fisc lui laisse déduire, et l’écart de chaque année est constaté en amortissement dérogatoire. Le sort de cet écart à la sortie du bien n’est pas traité ici : l’expert-comptable le détermine.
Exemple de dix véhicules
Le BOFiP donne un exemple, repris tel quel : dix véhicules à 16 000 € pièce, soit 160 000 €, dont la revente est prévue à 4 000 € par véhicule au bout de quatre ans.
| Base d’amortissement | Dotation annuelle sur quatre ans | |
|---|---|---|
| Comptabilité | 160 000 − (10 x 4 000) = 120 000 € | 30 000 € |
| Fiscalité | 160 000 € | 40 000 € |
L’écart de 10 000 € par an est comptabilisé en amortissement dérogatoire. Sur quatre ans, l’entreprise déduit ainsi 160 000 € au titre fiscal, alors que sa comptabilité n’en amortit que 120 000 €.
En crédit-bail, un prix convenu
Le code monétaire et financier (article L. 313-7) range parmi les opérations de crédit-bail la location de biens d’équipement ou de matériel d’outillage qui donne au locataire la possibilité de les acquérir « moyennant un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, des versements effectués à titre de loyers ». Ce prix convenu est fixé par le contrat ; le texte ne l’appelle pas valeur résiduelle. Un loueur automobile emploie ce terme et explique, dans le cas d’une location avec option d’achat, que les loyers correspondent à la différence entre le prix d’achat neuf et la valeur résiduelle estimée, répartie sur la durée du contrat : plus elle est élevée, plus les mensualités sont basses. C’est une présentation de vendeur, non une règle.
Cet article décrit la règle générale du plan comptable et du BOFiP en vigueur à l’automne 2026. Le traitement d’une immobilisation précise, la durée d’amortissement et le retraitement fiscal dépendent de votre régime et de votre situation : l’expert-comptable fait foi.
Sources
- Autorité des normes comptables, Plan comptable général, version consolidée du 1er janvier 2026, article 214-4
- BOFiP-Impôts, BOI-BIC-AMT-10-30-20, publié le 23 septembre 2013
- Code monétaire et financier, article L. 313-7, version en vigueur à l’automne 2026

