SMIC 1 867,02 € Plafond SS 4 005 €/mois Nos simulateurs →

Succession entre frère et sœur : qui hérite, combien de droits, et le calcul sur 300 000 €

Succession entre frère et sœur : la part selon que les parents vivent, l’abattement de 15 932 €, le barème de 35 % et 45 %, et un calcul sur 300 000 €.

Par La rédaction de Finances France · Publié le 16 octobre 2026 · 4 min de lecture
Succession entre frère et sœur : qui hérite, combien de droits, et le calcul sur 300 000 €

En bref

Sans enfant ni conjoint, les frères et sœurs héritent avec les parents : la moitié si les deux parents vivent, les trois quarts si un seul vit, tout si aucun ne vit. Si le défunt était marié, ils n’héritent en principe pas sans testament, sauf un droit de retour sur certains biens de famille. Chaque part est taxée à 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 %, après un abattement de 15 932 €, sauf exonération sous trois conditions. Sur 300 000 € partagés entre un frère et une sœur, parents décédés : 57 887,60 € de droits chacun.

Qui hérite, le barème, un calcul sur 300 000 €, l’écart avec l’assurance-vie.

Deux adultes à une table de cuisine triant des papiers de famille et un album photo

Qui hérite d’un frère ou d’une sœur sans enfant

Le premier arbitrage ne dépend de personne : il dépend de la famille qui reste. Selon la fiche de service-public sur la personne décédée sans enfant, sans testament, les parts se répartissent ainsi.

Situation du défuntParentsFrères et sœurs
Non marié, deux parents vivantsLa moitiéL’autre moitié, à parts égales
Non marié, un parent vivantUn quartTrois quarts, à parts égales
Non marié, parents décédésRienToute la succession
MariéUne part selon les parents vivantsRien en principe sans testament ; si les parents sont décédés, la moitié des biens reçus des parents et encore présents

Les demi-frères et demi-sœurs ont les mêmes droits que les frères et sœurs. Les parents gardent un droit de retour sur les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant.

Le cas du défunt marié a une exception, rappelée par les notaires de Paris : quand les père et mère sont décédés et qu’il ne laisse qu’un conjoint, les frères et sœurs recueillent la moitié des biens qu’il avait reçus de leurs parents communs, par succession ou donation, s’ils sont encore dans son patrimoine. C’est le droit de retour légal de l’article 757-3 du Code civil.

Le barème entre frères et sœurs

Chaque frère ou sœur bénéficie d’un abattement de 15 932 € sur sa part. Au-delà, deux taux s’appliquent : 35 % sur la part taxable jusqu’à 24 430 €, 45 % au-delà. Un enfant, lui, bénéficie d’un abattement de 100 000 €.

Un frère ou une sœur est exonéré si trois conditions sont réunies au décès : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; avoir plus de 50 ans ou être infirme et ne pas pouvoir travailler ; avoir été domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès. Elles sont détaillées dans l’article sur les trois conditions de l’exonération.

Le calcul sur 300 000 €

Exemple construit, pour répondre à la question souvent posée : une succession nette de 300 000 €, un défunt non marié et sans enfant, un frère et une sœur, aucune exonération. Deux cas selon les parents.

Parents décédésUn parent vivant
Part de chaque frère ou sœur150 000 €112 500 €
Après l’abattement de 15 932 €134 068 €96 568 €
35 % sur les premiers 24 430 €8 550,50 €8 550,50 €
45 % sur le reste49 337,10 €32 462,10 €
Droits de chacun57 887,60 €41 012,60 €

Dans le second cas, le parent reçoit 75 000 €, sous son abattement de 100 000 € : il ne paie rien. Le frère et la sœur paient moins parce que leur part est plus petite, pas parce que le barème change.

Calculatrice, crayon et notes manuscrites sur un bloc à côté d'un dossier

Succession ou assurance-vie : l’écart

Pour qui prépare sa succession au profit d’un frère ou d’une sœur, deux options coexistent. Une part reçue par succession est taxée après 15 932 € d’abattement. Un capital d’assurance-vie issu de primes versées avant 70 ans est exonéré jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire, puis taxé à 20 % jusqu’à 700 000 €, selon l’administration fiscale.

Sur 150 000 €, l’écart est net : 57 887,60 € de droits par succession, aucun prélèvement de 20 % par une assurance-vie alimentée avant 70 ans, tant que le frère ou la sœur reçoit moins de 152 500 € tous contrats du défunt confondus. Le détail figure dans les seuils de l’assurance-vie.

Important

Ces calculs sont des exemples construits sur le barème en vigueur, pas un conseil. Un testament, une donation antérieure ou un bien immobilier changent le calcul : le notaire chargé de la succession le fait sur les montants réels.

Avant de chiffrer

Trois questions donnent la réponse : le défunt était-il marié ? Ses parents vivent-ils ? Une des trois conditions d’exonération manque-t-elle ? Avec ces réponses, la part et les droits se calculent avec le tableau ci-dessus.

Sources

  • Service-public, « Règles en matière d’héritage : personne décédée n’ayant pas eu d’enfant », vérifié le 6 août 2025
  • Service-public, « Droits de succession : évaluation de la succession et calcul des droits », vérifié le 9 février 2026
  • Economie.gouv, « Droits de succession : que devez-vous payer sur votre part ? », 24 février 2025
  • Notaires de Paris, « Hériter de son frère ou sa sœur : ce qu’il faut savoir », 11 juillet 2025
  • impots.gouv.fr, « Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie, comment la déclarer ? »

Signaler une erreur dans cet article

La rédaction de Finances France explique les choix d'argent et d'entreprise en mettant deux options côte à côte, chiffres datés à l'appui. Elle lit les textes officiels (service-public.fr, Bofip, AMF, Banque de France, URSSAF), vérifie chaque taux et chaque seuil à sa source et cite ses sources en fin d'article. Elle ne promet aucun rendement et renvoie à un conseiller dès qu'une situation devient personnelle.

Comment nous écrivons nos articles