En bref
Sans enfant ni conjoint, les frères et sœurs héritent avec les parents : la moitié si les deux parents vivent, les trois quarts si un seul vit, tout si aucun ne vit. Si le défunt était marié, ils n’héritent en principe pas sans testament, sauf un droit de retour sur certains biens de famille. Chaque part est taxée à 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 %, après un abattement de 15 932 €, sauf exonération sous trois conditions. Sur 300 000 € partagés entre un frère et une sœur, parents décédés : 57 887,60 € de droits chacun.
Qui hérite, le barème, un calcul sur 300 000 €, l’écart avec l’assurance-vie.
Qui hérite d’un frère ou d’une sœur sans enfant
Le premier arbitrage ne dépend de personne : il dépend de la famille qui reste. Selon la fiche de service-public sur la personne décédée sans enfant, sans testament, les parts se répartissent ainsi.
| Situation du défunt | Parents | Frères et sœurs |
|---|---|---|
| Non marié, deux parents vivants | La moitié | L’autre moitié, à parts égales |
| Non marié, un parent vivant | Un quart | Trois quarts, à parts égales |
| Non marié, parents décédés | Rien | Toute la succession |
| Marié | Une part selon les parents vivants | Rien en principe sans testament ; si les parents sont décédés, la moitié des biens reçus des parents et encore présents |
Les demi-frères et demi-sœurs ont les mêmes droits que les frères et sœurs. Les parents gardent un droit de retour sur les biens qu’ils avaient donnés à leur enfant.
Le cas du défunt marié a une exception, rappelée par les notaires de Paris : quand les père et mère sont décédés et qu’il ne laisse qu’un conjoint, les frères et sœurs recueillent la moitié des biens qu’il avait reçus de leurs parents communs, par succession ou donation, s’ils sont encore dans son patrimoine. C’est le droit de retour légal de l’article 757-3 du Code civil.
Le barème entre frères et sœurs
Chaque frère ou sœur bénéficie d’un abattement de 15 932 € sur sa part. Au-delà, deux taux s’appliquent : 35 % sur la part taxable jusqu’à 24 430 €, 45 % au-delà. Un enfant, lui, bénéficie d’un abattement de 100 000 €.
Un frère ou une sœur est exonéré si trois conditions sont réunies au décès : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; avoir plus de 50 ans ou être infirme et ne pas pouvoir travailler ; avoir été domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès. Elles sont détaillées dans l’article sur les trois conditions de l’exonération.
Le calcul sur 300 000 €
Exemple construit, pour répondre à la question souvent posée : une succession nette de 300 000 €, un défunt non marié et sans enfant, un frère et une sœur, aucune exonération. Deux cas selon les parents.
| Parents décédés | Un parent vivant | |
|---|---|---|
| Part de chaque frère ou sœur | 150 000 € | 112 500 € |
| Après l’abattement de 15 932 € | 134 068 € | 96 568 € |
| 35 % sur les premiers 24 430 € | 8 550,50 € | 8 550,50 € |
| 45 % sur le reste | 49 337,10 € | 32 462,10 € |
| Droits de chacun | 57 887,60 € | 41 012,60 € |
Dans le second cas, le parent reçoit 75 000 €, sous son abattement de 100 000 € : il ne paie rien. Le frère et la sœur paient moins parce que leur part est plus petite, pas parce que le barème change.
Succession ou assurance-vie : l’écart
Pour qui prépare sa succession au profit d’un frère ou d’une sœur, deux options coexistent. Une part reçue par succession est taxée après 15 932 € d’abattement. Un capital d’assurance-vie issu de primes versées avant 70 ans est exonéré jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire, puis taxé à 20 % jusqu’à 700 000 €, selon l’administration fiscale.
Sur 150 000 €, l’écart est net : 57 887,60 € de droits par succession, aucun prélèvement de 20 % par une assurance-vie alimentée avant 70 ans, tant que le frère ou la sœur reçoit moins de 152 500 € tous contrats du défunt confondus. Le détail figure dans les seuils de l’assurance-vie.
Ces calculs sont des exemples construits sur le barème en vigueur, pas un conseil. Un testament, une donation antérieure ou un bien immobilier changent le calcul : le notaire chargé de la succession le fait sur les montants réels.
Avant de chiffrer
Trois questions donnent la réponse : le défunt était-il marié ? Ses parents vivent-ils ? Une des trois conditions d’exonération manque-t-elle ? Avec ces réponses, la part et les droits se calculent avec le tableau ci-dessus.
Sources
- Service-public, « Règles en matière d’héritage : personne décédée n’ayant pas eu d’enfant », vérifié le 6 août 2025
- Service-public, « Droits de succession : évaluation de la succession et calcul des droits », vérifié le 9 février 2026
- Economie.gouv, « Droits de succession : que devez-vous payer sur votre part ? », 24 février 2025
- Notaires de Paris, « Hériter de son frère ou sa sœur : ce qu’il faut savoir », 11 juillet 2025
- impots.gouv.fr, « Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie, comment la déclarer ? »
